Le Maroc doit booster ses atouts compétitifs

Le Maroc doit booster ses atouts compétitifs
L'économie marocaine a connu un taux de croissance annuelle de 5% entre 2003 et 2009. S&P qualifie l'économie marocaine de «très risquée». «Bien que le Maroc ait fait des progrès significatifs vers la diversification, nous considérons que son économie est faussée en faveur des secteurs cycliques, notamment l'agriculture (secteur primaire) et le tourisme (secteur tertiaire), ce qui laisse les performances économiques du pays vulnérables aux facteurs extérieurs», explique l'agence de notation.
En effet, le taux de croissance par secteur a été comme suit :
o Secteur primaire 7.2%,
o Secteur secondaire 3.3% et
o Secteur tertiaire 5.1%
Ces chiffres montrent clairement que le secteur secondaire impacte négativement la croissance et pourrait éventuellement impacter l'économie en cas de sécheresse ou dans le cas d'une mauvaise conjoncture de tourisme.
L'économie marocaine connaît une relative fragilité sur certains segments à l'exemple de la faible diversification des exportations pour lesquelles le Maroc a des difficultés à faire valoir les atouts compétitifs et à atteindre des marchés au-delà des frontières européennes. En effet, nous nous ne sommes plus compétitifs dans plusieurs produits manufacturiers (grande consommation en général) à l'exception du secteur de la chimie (phosphate), haute technologie (secteur à forte valeur ajoutée), et textile. Importer d'un autre pays un produit fini coûte beaucoup moins cher que de le produire au Maroc.
Le coût du produit se compose de cinq fractions en général, à savoir la matière première, emballage, main-d'œuvre, coût variable (électricité, eau, gaz, pétrole....) et coûts fixes. La matière première a un coût régi par les Bourses mondiales et qui est pratiquement le même partout dans le monde. Le coût de l'emballage est régi par la Bourse mondiale mais il est régi par la nature, le lieu de transformation (c.à.d. au Maroc le prix de l'emballage est cher si on le compare à Dubaï industrie du plastique dérivé du pétrole), le coût de la main-d'œuvre (salaires, avantages sociaux, CNSS, assurance, retraite.....). Les coûts variables sont les coûts indirects de la transformation, à savoir l'électricité, l'eau, l’énergie en général. Les coûts fixes sont des coûts obligatoires dans une unité de production: salaire de l'encadrement, maintenance, services (nettoyage, gardiennage....), amortissement des biens, assurances des biens etc. Au Maroc en général, le coût du produit est fortement impacté par les trois dernières fractions (main-d'œuvre, coûts variables, coût fixe). Un pays comme la Chine ou l'Egypte (Chine SMIG = entre 85 $ à 120 $, Egypte = 60$) ont une MO largement moins chère que le Maroc (300$). Les coûts variables au Maroc sont 5 à 10 fois plus chers que dans ces pays (au Maroc l'électricité, est de 1 DH le KWH alors qu'en Egypte, il est de 0.1 DH et Chine de 3.08$ les 1000 KWh). Les coûts fixes dépendent essentiellement des salaires et des investissements. Les coûts peuvent être réduits mais uniquement grâce au volume, c’est-à-dire les marchés locaux (le marché chinois est un marché de 1 milliard d'habitants, Egypte: 90 millions alors que le Maroc est de 30 millions). Il faut noter que le coût de l’emballage est aussi impacté par ces paramètres. En bref, le Maroc ne pourra pas rentrer en compétition ni avec la Chine ni avec l'Egypte...Il faut rajouter à cela les compétences, l'organisation, l'analphabétisme...
D'après cette analyse, il en ressort clairement que le développement du secteur secondaire nécessite clairement :
 o Une augmentation de la productivité afin de réduire le coût de la main-d'œuvre;
o Une augmentation de la taille du marché afin de mieux absorber les coûts fixes;
o Une protection des industries locales à travers la mise en place de hauts standards de qualité;
o L'application des clauses de l'Organisation mondiale du commerce relative à la défense commerciale.
o Continuer sur les stratégies actuelles industrielles dans les secteurs des hautes technologies et de l'off-shore.
Par conséquent, il est fortement recommandé d'assurer une automatisation accrue de nos industries, néanmoins elle pourrait impacter les coûts en termes de coûts fixes (amortissement, coût de maintenance, encadrement…..) si le volume et la taille des marchés ne suivent pas la tendance haussière. D'où l'importance de la redynamisation des exportations à travers les accords de libre-échange et la mise en place de système et de bonus d'incitation à l'export. Il faut voir ce que d'autres pays font. En Egypte par exemple, en plus des exonérations, l'Etat rembourse 10% de marchandise exportée à tous les exportateurs dans tous les domaines. Plusieurs modèles d'incitation des exportations existent et pourraient éventuellement aider le Maroc à redynamiser ce secteur. Par ailleurs, la mise en place de hauts standards de qualité favorisera l'accès à des marchés inaccessibles dans les secteurs secondaires, à savoir l'Union européenne ou les Etats-Unis…

A cause d’un conflit syndical à connotation politique

A cause d’un conflit syndical à connotation politique : Le quartier de Lissasfa à Casablanca transformé en dépotoir

A cause d’un conflit syndical à connotation politique : Le quartier de Lissasfa à Casablanca transformé en dépotoir
La crise de la collecte des déchets urbains à Lissasfa est appelée à durer. Le personnel de la société SEGEDMA (filiale du groupe Pizzorno environnement), affilié à l’Union nationale des travailleurs marocains (UNTM) exige une solution urgente, mais la direction de l’entreprise ne l’entend pas de cette oreille. Les deux parties se renvoient la balle et chacune charge l’autre de la responsabilité du pourrissement de la situation.  
Malgré un projet de protocole d’entente proposé par le Conseil de la ville,  le vendredi 19 janvier dernier, qui exige la fin du sit-in contre la mise en œuvre de l’accord du 11 novembre 2011, le durcissement des positions semble de mise.  
« Notre société ne peut pas accepter la politique du fait accompli, comme elle ne peut pas accepter le chantage. On est prêt à accepter la résiliation de notre contrat de la gestion déléguée mais nous ne nous soumettrons  jamais à  de telles pratiques», nous a indiqué Abdelhye Nfissi, membre du Comité de directoire de SEGEDMA.
Selon lui, le sit-in  en cours est l’œuvre d’une frange du personnel de la société, qui réclame des choses auxquelles l’entreprise a déjà répondu favorablement lors des rounds de négociations avec l’un des deux syndicats majoritaires tenues après l’Aid El Kébir. « Il s’agit de 50 personnes sur 120 qui bloquent depuis le 4 janvier dernier  les camions  dédiés à la collecte des déchets. Ils sont menés par un ancien employé de l’entreprise qui a été licencié après avoir, à maintes reprises, insulté ses responsables hiérarchiques et menacé de mort après avoir été fortement encouragé par certaines personnes soi-disant affiliées à un parti politique » (Ndlr : PJD), nous a-t-il expliqué.
Pour lui, il s’agit bel et bien d’une machination orchestrée par certaines parties qui ont intérêt à ce que ce conflit perdure et entache l’image de l’entreprise pour s’en servir politiquement, d’autant  que les élections communales approchent. « L’implication de certaines personnes dans ce conflit et le silence complice du Conseil de la ville et des autorités compétentes nous laissent perplexes. Il faut savoir que chaque jour de sit-in nous coûte 300 millions de centimes en pertes sans parler de l’image de l’entreprise qui se dégrade aux yeux des habitants », a-t-il souligné avant de tirer la sonnette d’alarme, en estimant que cette crise risque de se transformer en conflit ouvert entre les différentes factions du personnel de l’entreprise puisque le sit-in n’est pas du goût de tout le monde. « On a reçu  un avis de la part du syndicat majoritaire qui nous a informés qu’une marche sera organisée ce mercredi de Sidi Othmane vers Lissasfa pour manifester son mécontentement face à ce sit-in qu’il désapprouve. Il faut savoir que c’est notre personnel dans d’autres zones de la ville qui s’occupe pour l’instant de la collecte des déchets à Lissasfa », nous a-t-il précisé avant de conclure qu’il n’arrive pas à comprendre un tel acharnement contre la filiale marocaine de Pizzorno alors que le personnel de l’entreprise bénéficie, selon lui, des meilleures conditions de travail offertes sur le marché.
Des propos qui ne semblent pas du goût d’Ahmed Abani, secrétaire général du bureau syndical local de l’UNTM que Pizzorno a licencié. Selon lui, ce conflit n’a rien de politique. Il s’agit d’un conflit social dû au non-respect des dispositions du PV d’accord  signé le 2 novembre 2011 entre le directeur d’exploitation de la société, les représentants des centrales syndicales dont celui de l’UNTM, et aux violations récurrentes du Code du travail par l’entreprise.
Le syndicaliste reproche à la direction de la société l’absence d’un programme de vaccination et de visites médicales, les salaires précaires gelés depuis 2004, l’absence de prise en charge en cas de maladie ou d’accident de travail, la politique d’exclusion et de provocation menée par certains responsables et les licenciements abusifs.    
« Notre décision d’observer ce sit-in ouvert a été prise après que  tous les moyens légitimes pour revendiquer nos droits ont été épuisés et après avoir constaté que la direction de la société refuse catégoriquement de dialoguer avec nous», nous a précisé M. Abani.
Selon lui, la société a tenté, plusieurs fois, de casser le sit-in, en intimidant le personnel gréviste et en le menaçant. « Pour nous, l’acharnement de la société est dû à sa volonté de faire taire toutes les voix qui n’acceptent pas sa politique du fait accompli. Mais nous, nous n’allons pas nous soumettre à ses diktats », a-t-il conclu
Qui dit vrai, qui dit faux ? Difficile de répondre, même s’il est patent qu’il y a violation du Code du travail d’un côté et volonté de surfer sur la situation de l’autre. Pourtant, quels que soient la réalité et les sous-entendus de ce conflit, les habitants de Lissasfa sont pris en otages et paient les pots cassés.

Membres

لنا جميعا صدقة جارية بإذن الله